Combien facturer en freelance : méthode pour calculer son tarif
Trop cher, vous avez peur de faire fuir. Trop bas, vous vous épuisez.
Entre les deux, un flou permanent.
La question du tarif hante tous les freelances et la plupart y répondent au doigt mouillé.
Voici une méthode simple pour poser un tarif juste, assumé et rentable.
Pourquoi fixer son tarif en tant que freelance est si difficile ?
Le freelance vit un paradoxe quotidien. Il vend de l'expertise mais il doute en permanence de sa valeur. Combien ça vaut, ce que je fais ? Est-ce que je mérite ce tarif ? Est-ce que le client va accepter ?
Face à ces questions, on adopte des réflexes qui semblent logiques mais qui faussent tout :
- Premier réflexe : se comparer aux autres. On regarde ce que facturent les confrères, on consulte des études de marché, on aligne son tarif sur "la moyenne". Problème : cette moyenne ne dit rien de votre positionnement, de votre expertise, de la valeur que vous créez.
- Deuxième réflexe : partir de ce qu'on oserait payer soi-même. "Je ne paierais pas 400 € pour ça." Mais vous n'êtes pas votre client. Et votre perception de la valeur n'est pas la sienne.
- Troisième réflexe : facturer ce qui "passe" commercialement. On teste un prix, le client accepte, on s'y tient. Jusqu'au jour où l'on réalise qu'on travaille beaucoup, qu'on gagne peu et qu'on n'a jamais vraiment calculé si ce tarif était viable.
Résultat : un tarif subi, pas construit.
Un chiffre qu'on annonce sans conviction et qu'on négocie à la baisse dès la première objection.
L'erreur classique : raisonner uniquement en temps
Beaucoup de freelances posent leur tarif en partant d'un raisonnement simple : "Je veux gagner X, donc je facture Y euros de l'heure."
Ce raisonnement a un défaut majeur : il réduit votre valeur à du temps passé.
Or vous ne vendez pas des heures. Vous vendez un raccourci. Une décision sécurisée. Une erreur évitée. Un problème résolu.
Deux consultants peuvent passer trente minutes sur le même sujet. L'un donne un avis générique. L'autre, grâce à quinze ans d'expérience, identifie une faille stratégique qui fera économiser six mois de travail au client.
Même durée, valeur radicalement différente.
Le temps est un indicateur, pas une mesure de valeur. Si vous fixez votre tarif uniquement sur cette base, vous vous condamnez à plafonner : pour gagner plus, il faudra travailler plus.
Et vous passerez à côté de ce qui fait réellement votre prix : l'impact de ce que vous apportez.
Cela ne veut pas dire que le temps n'entre pas dans le calcul, mais il ne doit pas être le point de départ. Il doit être un paramètre parmi d'autres.
Combien facturer en freelance ? Voici comment construire son tarif en 4 étapes
Voici une approche simple pour poser un tarif cohérent, pas un chiffre magique, mais un plancher rationnel en dessous duquel vous perdez de l'argent.
Étape 1 : Définir son revenu cible
Commencez par la fin. Combien voulez-vous gagner net par mois ? Par an ?
Ce chiffre doit être réaliste, mais aussi aligné avec vos ambitions. Si vous visez 3 000 € net par mois, posez ce chiffre. Si vous visez 5 000 €, posez-le aussi. C'est votre point d'ancrage.
Étape 2 : Intégrer ses charges réelles
Le revenu net n'est pas le chiffre d'affaires.
Entre les deux, il y a les charges : les cotisations sociales, la mutuelle, les assurances, les outils, les abonnements, la comptabilité, la formation, le matériel…
En France, selon votre statut, les cotisations représentent entre 22 % et 45 % de votre CA. Ajoutez vos frais fixes.
Vous obtenez le chiffre d'affaires brut nécessaire pour atteindre votre revenu cible.
Étape 3 : Estimer son temps réellement facturable
C'est là que beaucoup se trompent : vous ne facturez pas 35 heures par semaine.
Entre la prospection, l'administratif, les échanges non facturés, les temps morts, le réel tourne plutôt autour de 15 à 20 heures facturables par semaine, parfois moins au démarrage.
Soyez honnête avec vous-même. Prenez une estimation conservatrice.
Étape 4 : Calculer son tarif plancher
Divisez votre CA cible annuel par le nombre d'heures facturables sur l'année.
Exemple :
- Revenu net visé : 3 500 €/mois, soit 42 000 €/an
- Charges estimées (cotisations + frais) : 40 %
- CA brut nécessaire : 70 000 €/an
- Heures facturables : 18h/semaine × 45 semaines = 810 heures/an
- Tarif horaire plancher : 70 000 ÷ 810 = 86 €/heure
Ce tarif est un minimum. Il ne valorise pas encore votre expertise, votre positionnement, la rareté de ce que vous proposez. Mais il vous donne un socle : en dessous, vous ne gagnez pas votre vie.
Du tarif théorique au tarif réel : ce qui échappe au calcul
Vous avez posé un tarif. Il est cohérent, calculé, assumé. Très bien.
Mais ce tarif s'applique à vos missions. Vos contrats. Vos prestations cadrées.
Et à côté de ça ?
Il y a toutes les sollicitations qui arrivent sans cadre :
- Un ancien client qui revient six mois plus tard pour "une petite question".
- Un prospect qui veut votre avis avant de signer.
- Un contact LinkedIn qui vous demande "juste un conseil".
- Un partenaire qui a besoin de votre regard expert sur un point précis.
Ces demandes sont trop courtes pour un devis. Trop informelles pour une facturation classique. Trop fréquentes pour être ignorées.
Alors vous répondez. Gratuitement. Parce qu'il n'existe pas d'alternative simple.
Le problème n'est pas votre générosité. C'est l'absence de cadre pour transformer ces échanges ponctuels en prestations légitimes.
Ce que Skod permet
Skod répond à ce cas précis : donner accès à votre expertise sans contrat, sans engagement, sans friction, mais avec une rémunération.
Concrètement : vous créez un espace où n'importe qui peut réserver un créneau avec vous et payer avant l'échange. Un ancien client veut 20 minutes de votre temps ? Il réserve, il paie, vous échangez. Un prospect hésite ? Il s'offre une consultation courte pour y voir clair.
Le paiement est sécurisé en amont. La facture part automatiquement à la fin. Vous n'avez rien à relancer, rien à négocier.
Vous restez accessible. Mais vous n'êtes plus gratuit.